Contraception et prise de poids: Mythe ou réalité?

La prise de poids est un effet secondaire fréquemment rapporté par les femmes utilisant des méthodes contraceptives hormonales. Mais que disent réellement les études scientifiques à ce sujet? La prise de poids est-elle réelle et si oui, est-elle attribuable à la contraception?

L’équipe de Vickery et al. (2012) a suivi l’évolution du poids de plus de 400 femmes utilisant différentes méthodes contraceptives contenant de la progestérone. La prise de poids fut évaluée sur un an. Les femmes utilisant le stérilet hormonal présentaient une prise de poids de 1 kg, celles utilisant l’injection contraceptive, 2,2kg et celles utilisant le stérilet de cuivre (sans hormone), 0,2 kg. Ainsi, il est possible de constater que la prise de poids demeure limitée et n’est possiblement pas directement causée par la contraception. De plus, les chiffres ne démontrent pas de différences notables entre les méthodes contraceptives comparées.

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Saviez-vous que les jeunes adultes tendent à moduler leur utilisation du condom en fonction du type de relation dans lequel ils sont?

C’est ce que semble souligner une équipe de chercheurs de l’Université du Québec à Montréal. L’étude ÉPRIS menée auprès de plus de 5 000 jeunes adultes visait entre autres à étudier les partenariats de nature sexuelle sans engagement amoureux. Rodrigue et al. ont pu identifier, à partir d’un échantillon de 1102 hommes et femmes célibataires, sexuellement actifs et de toute orientation sexuelle âgés de 18 à 30 ans, six profils relationnels en fonction de différentes variables dont le contexte relationnel et les interactions entre les partenaires (2014). Parmi eux, 800 participants hétérosexuels ont été sélectionnés pour des analyses statistiques visant à comparer les six profils en fonction des comportements sexuels, de l’usage du condom (pénétration vaginale et anale) et de la consommation d’alcool et/ou de drogues avant ou pendant la relation sexuelle. L’étude a permis de constater, sans grande surprise, que c’est lors des relations sexuelles d’un soir (one night stand) qu’il y avait le plus souvent usage de substances et usage du condom pour la pénétration vaginale. Les relations sexuelles avec un/une « partenaire de baise » (fuck buddy), définit comme étant un partenaire pouvant avoir ou non un lien affectif ou amical, mais avec qui les interactions sont principalement de nature sexuelle, sans contacts sociaux fréquents présentaient aussi plus de consommation d’alcool ou de drogue avant ou pendant les relations sexuelles (Rodrigue et al., en cours). À l’opposé, il semblerait que les jeunes adultes aient moins tendance à utiliser le condom avec un ex-partenaire de couple ou avec un partenaire avec lequel ils seraient en fréquentation en vue de former un couple. Cela est intéressant puisque bien que les individus puissent avoir une impression de sécurité en raison de la confiance qu’ils accordent à l’autre partenaire, les risques d’ITSS et de grossesse non planifiée demeurent présents. Il n’est toutefois pas mentionné si les partenaires avaient ou non passé des tests de dépistage des ITSS avant les relations sexuelles dont il est question dans l’étude et si une autre méthode contraceptive était utilisée.

Vanessa Forgues, Sexologue B.A., M.A. (cand.)
avec la collaboration de
Carl Rodrigue, candidat au doctorat en sexologie (UQÀM)

 

 

Rodrigue, C., Blais, M., Lavoie, F., Adam, B. A., Goyer, M. et Magontier, C. (28 mars 2014). Exploration des scénarios sexuels des jeunes adultes de 18-30 ans en contexte non conjugal. Présentation orale dans le cadre du 36e congrès annuel de la Société québécoise pour la recherche en psychologie (SQRP), Montréal, Québec.